OM-Nice dimanche au Vélodrome : Beye joue gros après le naufrage de Lorient
Par Karim Bensaïd · Journaliste
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Sixième de Ligue 1, deux buts encaissés sans riposte chez la lanterne Lorient, un vestiaire qui grogne et un coach qui parle de « résignation ». Voilà l'état des lieux à cinq jours du derby OM-Nice de dimanche soir au Vélodrome.
Habib Beye n'a plus le temps de tergiverser. Le technicien marseillais a promis des décisions fortes pendant la semaine et menace de titulariser des jeunes face aux Aiglons. La question n'est plus de savoir si l'OM peut accrocher le podium, mais si Beye tiendra jusqu'au 31 mai.
Le naufrage de Lorient
Score final : 2-0 pour les Merlus. Une 30e journée que les Marseillais avaient pourtant à portée de crampons, face à une équipe lorientaise qui jouait son maintien.
Le match a basculé en deuxième période, après une heure de jeu où l'OM n'avait quasiment rien proposé. « Il n'y a rien dans notre match », a lâché Beye en conférence de presse d'après-match. Le mot fait mal, surtout dans la bouche d'un coach censé construire une dynamique pour la fin de saison.
C'est la troisième défaite de Beye contre Lorient cette saison. Quand on dirige Marseille, perdre trois fois contre la même équipe en huit mois, ça ne passe pas, surtout quand cette équipe pointe en bas du classement.
Pourquoi Beye est-il « très en colère » contre ses joueurs ?
L'entraîneur n'a pas mâché ses mots devant la presse samedi soir. « Je suis très en colère. Sur les attitudes et sur l'esprit qu'on doit avoir dans ce club. En tant que coach, je ne peux pas l'accepter. »
Le technicien a aussi pointé un manque de cohésion criant : il a vu une équipe lorientaise solidaire, qui voulait gagner. Côté olympien, rien de tout ça selon lui. La sortie est rare chez Beye, plutôt mesuré d'habitude dans ses prises de parole.
Selon La Provence, une partie du vestiaire ne supporte plus les méthodes ni la communication du coach. La cassure semble actée, et le club doit gérer un climat délétère à neuf points de la fin du championnat.
Le onze probable pour le derby
Beye a posé une menace claire après Lorient : « Si nous devons aborder les quatre derniers matchs avec des jeunes qui ont la faim de bien finir la saison, nous le ferons. » Une phrase à prendre au sérieux quand on connaît le passé du coach, qui a fait grandir des jeunes au Red Star puis à Rennes.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Probablement des places sur le banc pour des cadres défaillants à Lorient et un retour en grâce de joueurs du centre de formation comme Robinio Vaz ou Darryl Bakola. Le staff doit « évaluer la semaine de travail » avant de décider, selon les mots du coach.
Pour les supporters, ce serait un message fort. Pas forcément sportivement payant face à une équipe niçoise qui reste sur trois matchs sans défaite, mais symboliquement nécessaire pour rappeler que personne n'est intouchable.
Date, horaire et diffusion du derby
Coup d'envoi dimanche 26 avril à 20h45 au Orange Vélodrome, dans le 8e arrondissement. C'est la 31e journée de Ligue 1 McDonald's, et le club proposait jusqu'à -30% sur certaines catégories de billets en début de semaine.
Le Vélodrome devrait afficher complet ou quasiment, malgré la grogne. Les ultras du virage Sud (South Winners, Commando Ultra, Yankee Nord) n'ont pas encore communiqué officiellement sur leur ligne pour ce match, mais l'ambiance promet d'être tendue après l'épisode de la banderole « NON AU NOUVEAU LOGO » déployée à Lorient.
Pour les abonnés transports, la rame de tramway T3 dépose au pied du stade, et les stations de métro Rond-Point du Prado et Sainte-Marguerite Dromel restent les plus proches.
Les chances qui restent en Ligue des champions
Sixième à neuf points de la 4e place qualificative pour la Ligue des champions, à quatre matchs de la fin. Le calcul devient compliqué.
Pour espérer, il faudrait gagner les quatre derniers matchs (Nice, puis trois autres déplacements et réceptions) ET compter sur des faux pas multiples des concurrents directs. Statistiquement, c'est jouable. Mathématiquement aussi. Sportivement, vu le visage affiché à Lorient, ça relève du miracle.
Plus probablement, l'OM jouera la Ligue Europa, voire la Conference League. De quoi tasser un peu plus l'ambiance du printemps marseillais, déjà plombée par le départ de Pablo Longoria fin février et la passation à Alban Juster en présidence intérimaire.
Beye va-t-il sauver son poste ?
Officiellement, Habib Beye est sous contrat jusqu'au 30 juin 2027. Le président intérimaire Alban Juster a publiquement soutenu son entraîneur en déclarant : « Habib a signé jusqu'au 30 juin 2027. Nous sommes très heureux : il coche toutes les cases. »
Mais à l'OM, les déclarations de soutien public ont rarement valeur d'engagement à long terme. Le sort de Beye semble lié à celui de Medhi Benatia, le conseiller sportif qui l'a recruté au Stade Rennais. Si Benatia s'en va à l'intersaison, Beye risque de se retrouver très isolé au centre Robert-Louis-Dreyfus.
Pascal Dupraz, sur l'antenne d'Eurosport, a tiré à vue après Lorient : « L'OM part dans tous les sens, sauf dans le bon. » L'ancien coach de Toulouse a dénoncé un mélange de méthodes Beye-Benatia qui ne produit pas de résultats. Une analyse partagée par une partie des observateurs.
Ce qu'on retient pour la suite
Quatre matchs pour sauver une saison qui ressemble de plus en plus à une transition ratée. Un coach sous pression dont la communication agace en interne. Un derby contre Nice qui ressemble à un test grandeur nature pour Beye, à l'aube d'un mercato d'été qui s'annonce mouvementé.
Le Vélodrome attend du caractère dimanche soir. Pas forcément de la beauté du jeu, juste l'envie de défendre le maillot. Si l'OM redonne le visage de Lorient face à Nice, le compte à rebours pour Beye risque de s'accélérer dangereusement, malgré le contrat.


